Fiscalité LMNP 2026 : comprendre les régimes fiscaux micro-bic et réel et exemples concrets

La fiscalité du statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) repose sur un choix déterminant : opter pour le régime micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire de 30 % ou 50 % sur vos loyers, ou pour le régime réel, qui permet de déduire l’intégralité de vos charges et d’amortir votre bien. Dans la grande majorité des cas, le régime réel permet de réduire l’impôt à zéro pendant plusieurs années, mais il impose en contrepartie des obligations comptables plus lourdes.

Ce guide complet et actualisé vous explique pas à pas le fonctionnement des deux régimes fiscaux du LMNP, leurs avantages, leurs limites, et vous propose trois exemples chiffrés concrets pour identifier le régime le plus avantageux dans votre situation : un cas type où le micro-BIC est le plus pertinent, un cas au régime réel et un investissement en résidence étudiante avec bail commercial, un montage particulièrement prisé des investisseurs LMNP. Un simulateur gratuit est également mis à votre disposition pour estimer votre fiscalité en quelques clics.

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Régime Micro-BIC // Régime réel

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Comment fonctionne la fiscalité en location meublée non professionnelle (LMNP) ?

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) s’applique aux particuliers qui mettent en location un ou plusieurs logements meublés, sans en faire leur activité principale. Contrairement à la location nue, qui relève des revenus fonciers, la location meublée est considérée par l’administration fiscale comme une activité commerciale. Les revenus qu’elle génère sont donc imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), conformément à l’article 35 du Code général des impôts.

Ce rattachement aux BIC a une conséquence directe : en tant que loueur en meublé, vous avez le choix entre deux régimes fiscaux pour déclarer vos revenus locatifs :

  • Le régime micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire sur vos recettes ;
  • Le régime réel, qui permet de déduire vos charges réelles et d’amortir votre bien.

Qui peut bénéficier du statut LMNP en 2026 ?

Pour relever du statut LMNP, vous devez respecter deux conditions cumulatives :

  • Vos recettes locatives annuelles (loyers charges comprises) ne doivent pas dépasser 23 000 €, OU elles doivent rester inférieures aux autres revenus d'activité de votre foyer fiscal (salaires, BIC, BNC, etc.) ;
  • Vous ne devez pas être inscrit au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) en tant que loueur professionnel.
Si l'un de ces seuils est dépassé, vous basculez automatiquement dans le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP), qui obéit à des règles fiscales différentes (notamment en matière de plus-values et de déficits).

Pour aller plus loin, découvrez notre guide complet sur les conditions LMNP.

Fiscalité du micro-BIC
La fiscalité du régime réel en LMNP

Deux impositions cumulatives : impôt sur le revenu + prélèvements sociaux

Vos revenus locatifs meublés sont soumis à deux prélèvements distincts :

  • L'impôt sur le revenu, calculé selon votre taux marginal d'imposition (TMI) : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon votre tranche ;
  • Les prélèvements sociaux, dont le taux est passé à 18,6 % en 2026 (contre 17,2 % auparavant) suite à la Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2026.
Concrètement, si vous êtes dans la tranche à 30 %, chaque euro de bénéfice imposable issu de votre location meublée est taxé à hauteur de 48,6 % (30 % + 18,6 %). C'est pourquoi le choix du régime fiscal, celui qui minimisera votre bénéfice imposable, est déterminant pour la rentabilité de votre investissement.

Le choix du régime : par défaut ou sur option

Lorsque vous démarrez votre activité de location meublée, le régime micro-BIC s'applique automatiquement si vos recettes respectent les plafonds en vigueur. Pour opter pour le régime réel, vous devez en faire la demande explicite :

  • Lors de la déclaration de début d'activité (formulaire P0i), en cochant l'option correspondante ;
  • Ou en cours d'activité, en adressant une demande au service des impôts des entreprises (SIE) avant le 1ᵉʳ février de l'année pour laquelle vous souhaitez bénéficier du régime réel.
L'option pour le régime réel est valable 1 an et reconduite tacitement. Vous pouvez y renoncer dans les mêmes délais pour revenir au micro-BIC.

La fiscalité du Loueur Meublé Non Professionnel

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La fiscalité du LMNP
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Le régime micro-BIC en LMNP

Le régime micro-BIC est le régime fiscal appliqué par défaut aux loueurs en meublé non professionnels dont les recettes annuelles ne dépassent pas certains plafonds. Il se caractérise par une grande simplicité de gestion : pas de comptabilité à tenir, pas de liasse fiscale à transmettre, et un calcul d'impôt basé sur un abattement forfaitaire automatique.

Le principe de l'abattement forfaitaire

Au régime micro-BIC, vous n’avez pas à justifier vos charges réelles. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur le montant de vos recettes annuelles, censé représenter l’ensemble de vos frais. Seule la fraction restante est soumise à l’impôt.

Concrètement, le calcul se fait en trois étapes :

  1. Vous déclarez le montant brut de vos recettes locatives annuelles (loyers charges comprises) ;
  2. L’administration applique un abattement forfaitaire de 30 % ou 50 % selon le type de location ;
  3. Le bénéfice imposable ainsi obtenu est soumis à votre TMI + 18,6 % de prélèvements sociaux.

Plafonds et abattements micro-BIC 2026

Les plafonds de recettes et les taux d’abattement varient selon le type de location pratiquée. Voici le tableau récapitulatif à jour pour les revenus 2025 déclarés en 2026 :

Type de location meublée Abattement forfaitaire Plafond de recettes annuelles
Location meublée longue durée (résidence principale du locataire) 50 % 83 600 €
Meublé de tourisme classé (courte durée) 50 % 83 600 €
Chambre d’hôtes 50 % 83 600 €
Meublé de tourisme non classé (courte durée) 30 % 15 000 €

Bon à savoir : si vos recettes dépassent le plafond applicable à votre activité deux années consécutives, vous basculez obligatoirement au régime réel à compter de la troisième année.

Les avantages du régime micro-BIC

Le régime micro-BIC présente plusieurs atouts, principalement liés à sa simplicité :

  • Aucune comptabilité à tenir : pas de bilan, pas de compte de résultat, pas d’amortissements à calculer ;
  • Aucune liasse fiscale à transmettre à l’administration fiscale ;
  • Déclaration simplifiée : vous reportez simplement le montant de vos recettes brutes sur votre déclaration de revenus (formulaire 2042 C PRO) ;
  • Pas besoin d’expert-comptable, ce qui représente une économie de 500 à 1 500 € par an.

Les limites du régime micro-BIC

La simplicité du micro-BIC a toutefois un coût fiscal qui peut s’avérer très lourd :

  • L’abattement forfaitaire est souvent inférieur aux charges réelles, surtout pour les biens financés à crédit ou nécessitant des travaux ;
  • Aucune déduction des frais d’acquisition (frais de notaire, honoraires d’agence) possible ;
  • Aucun amortissement du bien, du mobilier ou des travaux ;
  • Impossible de créer un déficit reportable sur les années suivantes ;
  • Pas de récupération de TVA possible, ce qui exclut de fait les investissements en résidence services.

Dans quels cas le micro-BIC est-il pertinent ?

Le régime micro-BIC est généralement la meilleure option lorsque vos charges réelles sont inférieures à l’abattement forfaitaire. Concrètement, il est intéressant dans les situations suivantes :

  • Vous possédez un bien acquis depuis longtemps et déjà entièrement amorti ;
  • Vous avez acheté le bien sans recours au crédit (donc sans intérêts d’emprunt à déduire) ;
  • Vos charges annuelles sont faibles : peu de travaux, pas de gestion locative déléguée, pas de copropriété lourde ;
  • Vous privilégiez la simplicité administrative à l’optimisation fiscale maximale.

Dans la majorité des autres cas, notamment pour un investissement récent avec crédit ou travaux, le régime réel s’avère nettement plus avantageux, comme nous allons le voir dans la section suivante.

 

Le régime réel en LMNP

Le régime réel est le régime fiscal le plus avantageux pour la grande majorité des investisseurs en LMNP. Contrairement au micro-BIC qui applique un abattement forfaitaire, le régime réel permet de déduire l’intégralité des charges réellement supportées et d’amortir la valeur du bien, du mobilier et des travaux. Résultat : dans la plupart des cas, le bénéfice imposable est ramené à zéro pendant 8 à 15 ans, ce qui vous dispense de tout impôt sur vos revenus locatifs pendant cette période.

En contrepartie, le régime réel impose des obligations comptables plus lourdes (tenue d’une comptabilité commerciale, établissement d’une liasse fiscale annuelle) qui justifient généralement le recours à un expert-comptable spécialisé.

La déduction des charges réelles

Au régime réel, vous pouvez déduire de vos recettes locatives toutes les charges engagées pour l’acquisition, l’entretien et l’exploitation de votre bien meublé. La liste est particulièrement large :

  • Intérêts d’emprunt, frais de dossier et assurance emprunteur liés au crédit immobilier ;
  • Frais d’acquisition : frais de notaire, droits de mutation, commission d’agence (déductibles en totalité l’année d’acquisition, ou amortissables sur 30 ans) ;
  • Taxe foncière et taxe d’enlèvement des ordures ménagères ;
  • Charges de copropriété non récupérables sur le locataire ;
  • Primes d’assurance : propriétaire non-occupant (PNO), garantie loyers impayés (GLI) ;
  • Frais de gestion locative (agence, conciergerie) et honoraires d’expert-comptable ;
  • Dépenses d’entretien, de réparation et de petits travaux (hors travaux d’amélioration, qui eux s’amortissent) ;
  • Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) due par tous les loueurs en meublé ;
  • Frais de procédure en cas de litige avec un locataire ;
  • Frais de déplacement pour la gestion du bien, dans des conditions strictement encadrées ;
  • Abonnements et fournitures : électricité, eau, internet si facturés au propriétaire.

Le mécanisme d'amortissement : le vrai atout du régime réel

L’amortissement LMNP est le levier fiscal le plus puissant du régime réel, et ce qui fait toute sa différence avec le micro-BIC. Il permet de déduire chaque année une fraction de la valeur de votre bien et de son contenu, comme si cette valeur se dépréciait progressivement dans le temps.

Les durées d’amortissement usuelles en LMNP sont les suivantes :

Élément amortissable Durée d’amortissement Taux annuel
Mobilier et équipements 5 à 10 ans 10 à 20 %
Travaux d’amélioration 10 à 20 ans 5 à 10 %
Gros œuvre (structure du bâtiment) 30 à 40 ans ~2,5 à 3,3 %
Toiture 25 ans 4 %
Façade et étanchéité 20 ans 5 %
Installations techniques (chauffage, électricité, plomberie) 15 à 20 ans 5 à 7 %
Agencements intérieurs (cuisine, salle de bains) 10 à 15 ans 7 à 10 %

Point important : la valeur du terrain n’est pas amortissable, car un terrain ne se déprécie pas dans le temps. En pratique, on considère que le terrain représente 10 à 20 % de la valeur totale du bien selon la localisation (davantage en zone urbaine dense). Cette part doit être isolée avant tout calcul d’amortissement.

La méthode utilisée est l’amortissement par composants : plutôt que d’amortir le bien sur une durée unique, on ventile sa valeur entre plusieurs composants ayant chacun leur propre durée de vie. Cette approche, conforme aux normes comptables françaises, maximise la déduction fiscale les premières années.

Le déficit reportable : un avantage qui dure

Lorsque le total de vos charges et amortissements dépasse vos recettes, vous créez un déficit fiscal. Ce déficit fonctionne différemment selon son origine :

  • Le déficit issu des charges (hors amortissements) est reportable pendant 10 ans sur les bénéfices futurs de votre activité LMNP ;
  • Le déficit issu des amortissements ne peut pas creuser ou créer un déficit au sens strict. La fraction non déduite est stockée en “amortissements réputés différés” et reste reportable indéfiniment, sans limite de durée.

Concrètement, cela signifie qu’un investissement LMNP bien structuré vous permet de ne pas payer d’impôts sur vos loyers pendant 10 à 15 ans, voire davantage si les amortissements différés continuent de s’accumuler. C’est ce mécanisme qui rend le LMNP au régime réel aussi attractif pour les investisseurs.

À noter : contrairement au statut LMP, le déficit LMNP n’est pas imputable sur le revenu global (salaires, pensions, etc.). Il ne peut être imputé que sur les bénéfices futurs de votre activité de location meublée non professionnelle.

Les obligations comptables au régime réel

Le régime réel impose la tenue d’une comptabilité d’engagement conforme aux règles du plan comptable général. Vos obligations annuelles sont les suivantes :

  • Tenue d’un livre-journal des recettes et des dépenses ;
  • Tenue d’un grand-livre et d’un livre d’inventaire ;
  • Établissement d’un bilan comptable et d’un compte de résultat chaque année ;
  • Transmission d’une liasse fiscale (formulaires 2031 et 2033-A à 2033-G) au service des impôts des entreprises, par voie dématérialisée (télétransmission EDI-TDFC) ;
  • Report du bénéfice ou déficit sur votre déclaration de revenus personnelle (formulaire 2042 C PRO).

Ces obligations expliquent pourquoi la grande majorité des LMNP au régime réel font appel à un expert-comptable, dont les honoraires (comptez 500 à 1 500 € par an) sont eux-mêmes déductibles. Une partie de ces honoraires peut également ouvrir droit à une réduction d’impôt pour frais de comptabilité, plafonnée aux deux tiers des dépenses engagées et à 915 € par an, à condition d’avoir adhéré à un organisme de gestion agréé (OGA).

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Micro-BIC ou régime réel : Quel régime fiscal choisir ?

Tableau comparatif micro-BIC vs régime réel

CritèreMicro-BICRégime réel
Principe d’impositionAbattement forfaitaire (30 % ou 50 %)Déduction des charges + amortissements
Plafond de recettes15 000 € ou 83 600 € selon activitéAucun plafond
Déduction des charges réelles❌ Non✅ Oui, sans limite
Amortissement du bien et du mobilier❌ Non✅ Oui
Déduction des frais d’acquisition❌ Non✅ Oui (charge ou amortissement)
Déficit reportable❌ Non✅ 10 ans (charges) / (amortissements)
Récupération de TVA❌ Non✅ Oui (résidences services uniquement)
ComptabilitéAucuneComptabilité commerciale
Liasse fiscale❌ Non✅ Obligatoire (formulaires 2031 / 2033)
Besoin d’un expert-comptableNonFortement recommandé
Coût annuel de gestion0 €500 à 1 500 €
Optimisation fiscaleFaibleMaximale (impôt souvent à 0 €)

La règle simple pour choisir en 30 secondes

Pour savoir rapidement quel régime vous convient, posez-vous cette question :

Mes charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, copropriété, taxe foncière, etc.) + mes amortissements représentent-ils plus de 30 % ou 50 % de mes loyers annuels ?

  • Si OUI → le régime réel est plus avantageux ;
  • Si NON → le micro-BIC suffit.

Dans la pratique, dès qu’il y a un crédit immobilier en cours ou des travaux importants, le régime réel l’emporte systématiquement. À l’inverse, pour un bien détenu depuis longtemps, sans crédit et sans travaux, le micro-BIC peut rester pertinent.

Quelle fiscalité LMNP pour quel profil ?

Le régime réel est fait pour vous si :

  • Vous avez acheté votre bien à crédit (les intérêts d’emprunt sont déductibles) ;
  • Vous avez réalisé ou prévoyez des travaux significatifs ;
  • Vos recettes dépassent 15 000 € (meublé de tourisme non classé) ou 83 600 € (autres locations meublées) ;
  • Vous investissez en résidence services (seul moyen de récupérer la TVA) ;
  • Vous cherchez à neutraliser l’impôt sur vos loyers pendant plusieurs années ;
  • Vous êtes prêt à confier votre comptabilité à un expert-comptable spécialisé.

Le micro-BIC est fait pour vous si :

  • Votre bien est entièrement payé (pas d’intérêts d’emprunt à déduire) ;
  • Il est déjà amorti fiscalement (après 15 à 20 ans au régime réel) ;
  • Vos charges annuelles sont faibles (peu de copropriété, pas de gestion déléguée) ;
  • Vos recettes restent sous les plafonds du micro-BIC ;
  • Vous privilégiez la simplicité administrative à l’optimisation fiscale ;
  • Votre TMI est faible (tranche 0 % ou 11 %), ce qui limite l’intérêt d’une optimisation poussée.

Peut-on changer de régime fiscal en cours de route ?

Oui, le passage d’un régime à l’autre est possible, mais il obéit à des règles strictes de calendrier :

  • Du micro-BIC au réel : vous devez adresser une demande au service des impôts des entreprises avant le 1ᵉʳ février de l’année pour laquelle vous souhaitez bénéficier du régime réel. L’option est alors valable 1 an et reconduite tacitement.
  • Du réel au micro-BIC : vous pouvez renoncer à l’option pour le régime réel dans les mêmes délais, à condition que vos recettes restent sous les plafonds du micro-BIC.

⚠️ Point de vigilance : passer du réel au micro-BIC vous fait perdre définitivement le stock d’amortissements non déduits, ce qui peut représenter plusieurs années d’impôt gratuit abandonnées. Avant tout changement, faites impérativement une simulation sur les 5 à 10 prochaines années.

Le cas particulier de la résidence services

Si vous investissez dans une résidence services (étudiante, senior, tourisme, affaires, EHPAD), le régime réel s’impose quasiment systématiquement pour deux raisons :

  • Il permet de récupérer la TVA de 20 % sur le prix d’achat du bien (soit une économie de plusieurs dizaines de milliers d’euros), impossible au micro-BIC ;
  • Le bail commercial signé avec l’exploitant de la résidence vous assure des loyers garantis, ce qui facilite le pilotage fiscal sur la durée.

Nous détaillerons ce cas de figure dans le troisième exemple de notre simulation, consacré à un investissement en résidence étudiante.

3 exemples concrets de fiscalité LMNP 2026

Exemple 1 : Studio hérité loué en meublé : le cas idéal du micro-BIC

Le contexte

Claire hérite d’un studio de 25 m² situé en centre-ville, estimé à 140 000 € à la succession. Le bien est déjà meublé (mobilier des anciens propriétaires conservé, valeur estimée à 3 000 €), sans crédit en cours et en bon état général : aucun travaux n’est nécessaire avant la mise en location.

Elle décide de le louer meublé à une étudiante pour 650 € par mois charges comprises, soit 7 800 € par an. Ses charges annuelles se résument à :

  • Taxe foncière : 800 €
  • Charges de copropriété non récupérables : 400 €
  • Assurance PNO (propriétaire non-occupant) : 150 €
  • Petites réparations : 150 €

Total des charges annuelles : 1 500 €, soit environ 19 % des recettes — un niveau très faible, caractéristique d’un bien sans crédit et sans travaux.

Simulation au régime micro-BIC

Au régime micro-BIC, un abattement forfaitaire de 50 % (location meublée longue durée) s’applique sur les recettes :

  • Recettes annuelles : 7 800 €
  • Abattement de 50 % : − 3 900 €
  • Bénéfice imposable : 3 900 €

Avec un TMI à 11 % (tranche basse, revenus modestes) :

  • Impôt sur le revenu : 3 900 × 11 % = 429 €
  • Prélèvements sociaux : 3 900 × 18,6 % = 725 €
  • Total d’impôts : 1 154 €/an

Avec un TMI à 30 % (tranche médiane, la plus courante) :

  • Impôt sur le revenu : 3 900 × 30 % = 1 170 €
  • Prélèvements sociaux : 3 900 × 18,6 % = 725 €
  • Total d’impôts : 1 895 €/an

Simulation au régime réel

Au régime réel, Claire déduit ses charges réelles et pratique l’amortissement du bien et du mobilier :

  • Recettes annuelles : 7 800 €
  • Charges déductibles : − 1 500 €
  • Amortissement du mobilier (3 000 € sur 7 ans) : − 428 €
  • Amortissement du bien hors terrain (140 000 € × 85 % amortissable sur 30 ans) : − 3 967 €
  • Bénéfice imposable : 1 905 €

Avec un TMI à 11 % :

  • Impôt sur le revenu : 1 905 × 11 % = 210 €
  • Prélèvements sociaux : 1 905 × 18,6 % = 354 €
  • Total d’impôts : 564 €/an
  • Frais d’expert-comptable : + 800 €/an
  • Coût total net : 1 364 €/an

Avec un TMI à 30 % :

  • Impôt sur le revenu : 1 905 × 30 % = 572 €
  • Prélèvements sociaux : 1 905 × 18,6 % = 354 €
  • Total d’impôts : 926 €/an
  • Frais d’expert-comptable : + 800 €/an
  • Coût total net : 1 726 €/an

Comparatif et verdict

RégimeTMI 11 %TMI 30 %
Micro-BIC1 154 €1 895 €
Régime réel (avec expert-comptable)1 364 €1 726 €
Écart annuel+ 210 € en faveur du micro-BIC+ 169 € en faveur du réel

Cet exemple illustre parfaitement la règle des 30/50 % évoquée plus haut : avec seulement 19 % de charges réelles, Claire se situe dans une zone où l’abattement forfaitaire de 50 % du micro-BIC est plus généreux que ses charges réelles. Le micro-BIC devient alors la solution la plus rentable, d’autant qu’elle évite les frais et la complexité comptable du régime réel.

À retenir : le micro-BIC reste pertinent pour les biens patrimoniaux hérités ou payés comptant, avec peu de charges et un TMI modéré. Dès que votre TMI dépasse 30 % ou que vos charges augmentent (crédit, travaux, gestion déléguée), le régime réel reprend systématiquement l’avantage.

Exemple 2 : T2 neuf financé à crédit : le régime réel à son plein potentiel

Le contexte

Thomas, cadre en province, décide d’investir dans un T2 neuf de 45 m² dans une métropole régionale (Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse…) pour le louer meublé à l’année. Les caractéristiques de son investissement :

  • Prix d’achat du bien : 180 000 €
  • Frais de notaire (bien neuf, frais réduits) : 4 500 € (2,5 %)
  • Mobilier et équipements : 6 000 €
  • Coût total de l’opération : 190 500 €

Il finance son achat avec un crédit sur 20 ans à 80 %, soit 144 000 € empruntés (apport de 36 500 € + frais de notaire) au taux de 3,5 %. Sa mensualité s’élève à environ 835 €, dont 465 € d’intérêts en moyenne la première année (soit environ 5 000 € d’intérêts annuels les premières années).

Le logement est loué 780 € par mois charges comprises, soit 9 360 € par an. Ses charges annuelles comprennent :

  • Taxe foncière : 1 100 €
  • Charges de copropriété non récupérables : 600 €
  • Assurance PNO : 180 €
  • Assurance emprunteur : 420 €
  • CFE (cotisation foncière des entreprises) : 300 €
  • Frais de gestion locative (7 % des loyers) : 655 €
  • Expert-comptable : 800 €

Total des charges annuelles : 4 055 €, auxquelles s’ajoutent les 5 000 € d’intérêts d’emprunt, soit 9 055 € de charges déductibles au total.

Thomas est dans la tranche marginale d’imposition à 30 %, la plus représentative des investisseurs LMNP.

Simulation au régime micro-BIC

Au régime micro-BIC, un abattement forfaitaire de 50 % s’applique sur les recettes :

  • Recettes annuelles : 9 360 €
  • Abattement de 50 % : − 4 680 €
  • Bénéfice imposable : 4 680 €
  • Impôt sur le revenu : 4 680 × 30 % = 1 404 €
  • Prélèvements sociaux : 4 680 × 18,6 % = 870 €
  • Total d’impôts : 2 274 €/an

Simulation au régime réel

Au régime réel, Thomas déduit toutes ses charges réelles, ses intérêts d’emprunt, et pratique l’amortissement du bien et du mobilier :

Étape 1 — Déduction des charges réelles et intérêts d’emprunt :

  • Recettes annuelles : 9 360 €
  • Charges déductibles : − 4 055 €
  • Intérêts d’emprunt et assurance emprunteur : − 5 000 €
  • Résultat intermédiaire : 305 €

Étape 2 — Application des amortissements :

  • Amortissement du mobilier (6 000 € sur 7 ans) : − 857 €
  • Amortissement du bien hors terrain (180 000 € × 85 % = 153 000 € répartis sur composants) : − 5 100 €/an en moyenne
  • Total amortissements : 5 957 €

Étape 3 — Détermination du bénéfice imposable :

Les charges et intérêts ayant déjà ramené le résultat à 305 €, seuls 305 € d’amortissement peuvent être déduits cette année (les amortissements ne peuvent pas créer de déficit). Le bénéfice imposable est donc ramené à 0 €.

Les 5 652 € d’amortissements non déduits (5 957 − 305) sont stockés en amortissements réputés différés, reportables indéfiniment sur les bénéfices futurs.

Résultat :

  • Impôt sur le revenu : 0 €
  • Prélèvements sociaux : 0 €
  • Total d’impôts : 0 €/an

Comparatif et projection sur 10 ans

RégimeImpôts année 1Impôts cumulés sur 10 ans (estimation)
Micro-BIC2 274 €~ 22 740 €
Régime réel0 €~ 0 € pendant 12 à 15 ans
Économie cumulée avec le réel2 274 €/anPlus de 22 000 € sur 10 ans

Le verdict de cet exemple

Le régime réel est ici incontestablement gagnant : Thomas ne paiera aucun impôt sur ses loyers pendant les 12 à 15 premières années de son investissement, contre 2 274 €/an au micro-BIC. Sur la durée du crédit (20 ans), l’économie fiscale dépasse aisément 30 000 €.

Trois facteurs expliquent cette supériorité écrasante du régime réel :

  • Les intérêts d’emprunt (5 000 €/an) représentent à eux seuls plus de 53 % des recettes, soit davantage que l’abattement de 50 % du micro-BIC ;
  • Les charges courantes (4 055 €) sont déductibles en totalité au régime réel, alors qu’elles sont ignorées au micro-BIC ;
  • Le mécanisme d’amortissement neutralise le bénéfice résiduel et constitue un “stock” d’économie fiscale mobilisable sur 15 à 20 ans.

À retenir : dès qu’il y a un crédit immobilier en cours, le régime réel s’impose mathématiquement. Les intérêts d’emprunt suffisent à eux seuls, la plupart du temps, à dépasser l’abattement forfaitaire de 50 % du micro-BIC. L’amortissement vient ensuite effacer le bénéfice imposable résiduel, garantissant une fiscalité à zéro sur la durée du crédit.

Exemple 3 : Studio en résidence étudiante avec bail commercial : le montage optimisé

Le contexte

Sophie, 38 ans, souhaite se constituer un patrimoine immobilier sans contrainte de gestion. Elle opte pour l’achat d’un studio neuf de 20 m² en résidence étudiante, dans une ville universitaire dynamique (Lyon, Montpellier, Lille…). Les caractéristiques de son investissement :

  • Prix d’achat HT : 120 000 €
  • TVA à 20 % : 24 000 €
  • Prix TTC : 144 000 €
  • Frais de notaire (bien neuf, frais réduits) : 3 600 € (2,5 % du HT)
  • Mobilier et équipements (fournis par le promoteur dans le prix) : inclus
  • Coût total TTC de l’opération : 147 600 €

Elle finance l’achat avec un crédit sur 20 ans à 80 %, soit 115 000 € empruntés au taux de 3,5 %. Les intérêts d’emprunt s’élèvent en moyenne à 3 900 €/an les premières années.

La particularité de cet investissement : Sophie signe un bail commercial de 9 ans avec l’exploitant de la résidence (un gestionnaire professionnel type Nexity Studéa, Réside Études, Les Belles Années, etc.), qui s’engage à lui verser un loyer garanti de 540 € HT par mois, soit 6 480 € HT par an.

L’exploitant se charge de tout : recherche des locataires, entretien, états des lieux, gestion des impayés. Sophie n’a aucune gestion locative à assurer — elle perçoit simplement son loyer.

Ses charges annuelles sont donc très réduites :

  • Taxe foncière : 700 €
  • Assurance PNO : 120 €
  • Assurance emprunteur : 330 €
  • CFE : 250 €
  • Expert-comptable : 800 €

Total des charges annuelles : 2 200 €, auxquelles s’ajoutent 3 900 € d’intérêts d’emprunt, soit 6 100 € de charges déductibles au total.

Sophie est dans la tranche marginale d’imposition à 30 %.

Les deux avantages fiscaux majeurs du montage

Ce type d’investissement cumule deux leviers fiscaux puissants, exclusivement accessibles au régime réel :

1) La récupération de la TVA à 20 % (24 000 €)

Parce que Sophie achète un bien neuf dans une résidence avec services (accueil, linge, petit-déjeuner, ménage), elle peut récupérer la TVA de 20 % sur le prix d’achat HT. Concrètement, l’État lui rembourse 24 000 € dans les 6 mois suivant l’acquisition.

⚠️ Condition : Sophie doit conserver le bien et maintenir l’activité avec bail commercial pendant au moins 20 ans. En cas de revente ou de rupture du bail avant ce délai, une fraction de la TVA doit être reversée au prorata des années restantes.

2) Le bail commercial : des loyers garantis et déductibles en réel

Le bail commercial signé avec l’exploitant assure à Sophie des revenus réguliers et sécurisés, indépendants du taux d’occupation de la résidence. Ces loyers s’intègrent normalement dans le calcul au régime réel, permettant une optimisation fiscale complète grâce à la déduction des charges et à l’amortissement.

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